lundi 23 janvier 2012

It's oh so quiet

Gentil dragon du Yu Garden, Shanghai
Comme j'ai loupé le 1er janvier, je m'octroie le droit de te souhaiter plutôt deux fois qu'une une très belle année, 2012 et du dragon !
Un week-end presque parfait, ici et là les détails sont parfois troubles, les sentiments exaltés, les certitudes fragiles, et l'envie de croire très intense. 
Bref, de l'amour et toujours, avec un film d'Alain Resnais, Hiroshima mon amour, starring Emmanuelle Riva et Oji Okada. Un film sur une impossible histoire d'amour, mais aussi sur la mémoire du mal. Nevers, Hiroshima, deux histoires douloureuses qui trouve la symbiose dans l'amour d'une nuit d'un couple, nuit durant laquelle l'Histoire et l'histoire se mêleront, sans que nous sachions à la fin laquelle l'emportera. 
Sans que les images soient très belles, le film revêt une esthétique certaine qui réside pour moi dans la douceur des caractères, l'amour qui les enivre, et la lenteur de leur mouvement, comme dans un rêve. Et bien sûr, les dialogues tirés du roman de Duras n'ont pas été modifiés, et comme dirait un témoin, j'ai été ravie de retrouver le style télégraphique de ma chère Marguerite. "Tu me plais, quel évènement. Tu me plais ; quelle lenteur tout à coup, quelle douceur"...

D'ailleurs, encore Marguerite avec Dix heures et demi du soir en été, lu dans un train de cinq heures, la nuit tombant sur l'Esterel. Et là, les images de la nuit espagnole, une nuit lourde, d'orage ; un meutre ; un nom Rodrigo Paestra, recherché, caché ; un couple à la dérive. C'est l'instant en 185 pages, celui où tout doit changer et finalement, reste semblable. Un roman d'une intensité incroyable, fluide, précis, furtif comme une caresse. Un de mes plus beaux moments durassiens.
« Il faut attendre encore. Et tant l’impatience de l’attente grandit qu'elle atteint son comble, et voici, un répit se produit. Une main de Pierre est partout sur ce corps d'autre femme. L’autre main la tien serrée contre lui. C’est chose faite pour toujours.Il est dix heures et demie du soir. L’été. »

 Et puis Romy pour finir, qui joue d'ailleurs dans l'adaptation de Dix heures et demi du soir en été. J'ai plongé dans l'extime de Romy Schneider hier, cette actrice que je n'ai vu que dans Sissi et la Passante du Sans-Souci. Attention, abondance de photos qui peut donner l'impression de se trouver dans un facebook grandeur nature ! cependant, l'exposition est très bien conçue, chronologique et thématique, de Sissi (avec extraits!) aux dernières années, plus graves, des films avec Sautet et Piccoli, et les photos sont magnifiques. 
J'ai rapporté la Piscine, le Alain Delon de cette époque, du Guépard et de Rocco et ses frères, dépassant à mes yeux tous les Ryan Gosling de la terre. 

Bon lundi !

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