dimanche 27 novembre 2011

Pourvu que planent les esprits

Certaines périodes sont propices aux émotions, certains week-ends encore davantage. Une palette d'exaltations diverses, à commencer par l'émotion esthétique. Hier, le moment tant attendu est arrivé, j'ai enfin écouté Fabrice Luchini au Théâtre de l'Atelier, le vendre vide mais les sens en exergue. Je recommande à toute personne un tant soi peu éprise de littérature d'aller l'écouter, c'est tout simplement fascinant. 

On est un peu embarqué de force dans le récit avec un extrait de Nietzsche un peu abrupt pour un début d'après-midi, mais tout s'enchaîne. "C'est fin La Fontaine, c'est fin, et puis c'est tout". C'est Céline qui est notre hôte, et la voix de Luchini, sa verve et son talent de comédien s'allient pour réciter des fables, mais pas seulement. Luchini raconte, vulgarise, explicite, fait rire, et nous fait réaliser à quel point La Fontaine était, déjà, moderne, tout en soulignant la perfection stylistique du poète. 

Hier nous avons eu de la chance, l'artiste était en forme. Et puis, il était d'humour gaillarde et s'en est pris, devinez, à la politique avec subtilité et avec la liberté de ton qu'il peut s'autoriser. De Hollande à Sarkozy en passant par la fraternité, les apartés furent drôles. Et puis il y a aussi ces phrases de Jules Renard, des anecdotes, et ce poème de Rimbaud qui m'a tant ému. Luchini est talentueux et généreux. Il a, je crois, goûté autant que son public ce moment, nous parlant de son ami Johnny H. et allant même jusqu'à nous faire chanter Mamy Blue ! 
Petit cadeau pour ceux qui n'auraient pas le temps d'y aller, voici cinq séquences intitulées "par coeur", qui malheureusement ne se trouvent pas ailleurs, mais illustre ce talent incomparable. Oui, je suis inconditionnellement admirative.

Il y a aussi la lecture de Kaputt de Malaparte, par exemple, pour ma compléter ma série "Seconde Guerre mondiale", ou Les Adoptés, de Mélanie Laurent. Un film sur la vie, ses coups durs inattendus qui bouleversent tout ; sur l'amour et ses complications ; des mots justes, de jolis plans et un scénario, qui malgré les risques, ne tombe jamais dans le pathos misérable. Je n'ai pas pleuré, et je crois que là réside le talent de Melle Mélanie. Mais pour savoir pourquoi, vas vite le voir !

Et puis la palette recèle tellement d'autres choses encore, qui précieuses, qui silencieuses...

Bonne semaine ! 

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